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28.1.14

Pressons, pressons ! Petit tutoriel de pressage de pigments


Avouons-le, j’aime, beaucoup, les pigments. Ils sont à mes yeux plus simples à utiliser que les fards pressés mais aussi plus vibrants, plus malléables et aptes aux transformations, et plus faciles à stocker. Par contre, s’il est un point où ils pèchent, c’est bien dans celui du transport. A quelques semaines de mon prochain voyage à Londres, et regrettant de ne pas pouvoir prendre avec moi mon panel de couleurs préférées, j’ai donc décidé de tenter la transformation des pigments libres en fards pressés. 
Bon, au final, je n'aurais emmené aucun fard avec moi dans ce voyage, m'étant rappelée que j'n'm'embête jamais à me maquiller en vacances et que j'allais donc sinon surcharger mon sac inutilement, mais l'intention était là.



 J’avais il y a déjà plus d’un an commandé un kit chez The Body Needs, et avais donc à ma disposition palette, pans, et Pressing medium pour le mélange, composé pour le coup de d'alcool isopropylique, d'huile de jojoba et de dimethicone, histoire d’empêcher ces petites choses de courir rapidement vers leur date d’expiration. Du coup, j’ai sorti tout ce joyeux matériel, les ombres que je souhaitais transformer, et je me suis attelée à la tâche en commençant par le doré le plus lumineux que j’ai pu trouver : Goldilux, de Sugarpill.

La transformation a été bien plus rapide que je ne l’avais espéré, à force de lire mille tutoriels aux méthodes toutes différentes. C’est assez simple : Une fois que tu as choisi ton pigment, tu t’arranges déjà pour le déposer comme une brute sur la table, histoire d’avoir un plan de travail coloré. Ensuite, tu prends un ramequin qui ne voit pas souvent le soleil vu que tu ne cuisines quasi jamais de desserts, et tu mets ton pigment dedans à l’aide d’une petite spatule. Elle t’aidera ensuite à mélanger le tout, une fois que tu auras mis quelques gouttes de produit. Comme tu n’aimes pas compter, surtout, tu ne notes rien, et tu ajoutes petit à petit le liquide jusqu’à avoir une consistance pâteuse mais pas détrempée. Pis pareil, surtout, tu ne fais pas tout d’un coup et tu recommences la manip plusieurs fois pour remplir entièrement ton pan, que tu finis par presser doucement à l’aide d’une pièce et d’un bout de sopalin. 
De même, tu veilles là encore à ne pas y aller comme une bourrine, à moins de vouloir comme moi te retrouver avec la moitié du produit pressé en-dehors du pan. J’t’ai fait un petit tuto en image, tu vas voir, c’t’ultra facile.

Oui, ça se lit de gauche à droite, et de haut en bas. Que d'originalité.
C’est là que j’ai eu peur. En voyant que la moitié de mon pot s’était évanouie dans ce petit bout de métal, j’n'ai plus osé presser mes samples de chez Fyrinnae. C’est que j'aurais eu l'air maline si j'avais dû vider entièrement les pots, moi qui les préfère tout de même libres et aspirant à s’échapper de leur contenant à chaque fois que je les utilise. Du coup, comme ma palette avait l’air bien triste avec juste une case de remplie, je suis partie en quête d’autres pigments un peu plus pleins que je pouvais utiliser pour mes expérimentations sans les assécher, les Pro Mattes de Concrete Minerals dont tu as déjà pu lire la review ici.

Pareil, j'ai mélangé, patouillé, pressé, laissé sécher... tout ça pour me rendre compte que non, les ombres mattes ça ne fonctionne pas pareil. Bon, bien sûr, ça, je m'en suis aperçue trois heures après, quand j'avais déjà tout fini. Pour te donner une idée, là tout de suite, je me retrouvais avec ça comme pigmentation pour Trash, d'ordinaire un beau vert forêt :

Si si, regarde bien, il y a du vert, là, au milieu !
Autant te dire que je n'en menais pas large, avec ces ombres si sèches qu'il était presque impossible d'en prélever quoi que ce soit d'un brin pigmenté. J'ai donc décidé, armée de ma fidèle spatule, de repartir à l'assaut. J'ai réduit à nouveau les pans en poudre, y ai remis du Pressing medium en plus petite quantité, et ai cette fois ajouté du silicone, dans l'espoir d'arriver à une consistance plus crémeuse. Ce ne serait toujours pas une panacée, mais l'essentiel était cette fois-ci de sauver les meubles, histoire de n'avoir pas gâché 3/4 des pots des Pro Matte pour rien !
Je ne te mentirais pas, j'ai dû m'y reprendre à plusieurs fois avant de trouver un dosage correct qui les rende à peu près utilisables. Et même avec ça, ils ont fini par craqueler à nouveau dans leurs pans. Mais au moins, cette fois, je peux en faire quelque chose de ces fards, même si, comme tu vas pouvoir le voir juste en-dessous, ils se travaillent bien plus facilement mouillés que secs.


A gauche, secs, à droite, mouillés, tu l'auras compris.
Après, une fois que t'as compris qu'il te suffisait de rajouter de l'eau, c't'assez simple à utiliser, suffit juste de passer en mode aquarelle. Soit en prenant juste un peu d'humidité et en surchargeant le pinceau de matière pour une couleur ultra concentrée, soit au contraire en ajoutant plus d'eau pour faire les contours et tenter tout de même d'avoir un résultat qui ait l'air un brin fondu et dégradé.
Ici par exemple, j'ai utilisé principalement Risque, le fard rouge, avec juste une touche du violet de Queen dans le creux de la paupière. Touche qui accessoirement ne se voit pas du tout mais vient juste assombrir un brin ce maquillage très monochrome.



Et puis, vu que j'étais quand même 'achement impressionnée par combien mon premier essai avec Goldilux avait mené à un fard pressé ultra doux, pas poudreux et pigmenté, j'ai une dernière fois remis le couvert avec un dernier pigment de Sugarpill : Asylum. Et là encore, j'ai eu au final un fard parfait, le type que tu effleures à peine de ton pinceau et qui y laisse directement des tonnes de pigment. Ce avant que je le fasse tomber sur le sol une semaine plus tard et que j'ai la flemme de m'y remettre, très accessoirement. Mais avant cette chute fatale, ils ressemblaient à cela, ces sugarpill pressés et swatchés sur la base de MUA :

Bref, s'il fallait une conclusion à cette expérience, je suis assez contente d'avoir enfin essayé de façon plutôt concluante le pressage de pigment. Les résultats sur les fards mats étant bien moins impressionnants, je ne conseillerais cette partie-ci qu'à celles prêtes ensuite à les utiliser mouillés. De même, si comme moi vous ne souhaitez surtout pas convertir toute votre collection, ne faites l'essai que sur vos plus grands pots ou ceux que vous n'appréciez pas spécialement (oui, je trouve les pots des Sugarpill gigantesques, et je n'aime pas du tout ceux à tamis dont font partie les Concrete Minerals, ceci explique aussi cela), le mélange étant assez gourmand.


Et donc, la palette finale avec les fards choisis

Reste maintenant à voir si sous cette forme, je vais réussir à plus utiliser ces couleurs !


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