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16.11.12

Focus série : Bored to Death



Bien qu’on n’en ait que trop peu entendu parler de par son manque de grande diffusion en-dehors des Etats-Unis, Bored to Death se classe assurément dans mes très bonnes découvertes télévisuelles de ces dernières années. Et pour cause, cette série a tout d’une grande.



Le pitch ? Jonathan Ames, écrivain juif déprimé (un cliché, mais qu’est-ce que c’est ?) n’arrive plus à rien depuis qu’il a connu le succès avec son premier livre. Faut dire, les bouteilles de vin blanc et la beuh font de si bons compagnons pour se laisser aller. Du coup, sa copine le quitte, et c’est seul qu’il se retrouve, au milieu des tentatives d’écritures ratées. Et Jonathan s’ennuie, à mort.
Pour tromper cela lui vient alors une idée, toute droit sortie des romans noirs qu’il affectionne. Il va s’inscrire sur Craigslist, sorte de site d’annonces bien plus global, et proposer ses services en tant que… détective privé ! Après tout, en grand lecteur du genre, pourquoi n’arriverait-il pas à se glisser dans la peau du personnage et à jouer parfaitement le fin limier ?

C’est là que réside le génie de la série : dans le suivi de ce personnage qui se rêve privé des années 20, costume impeccable à l’appui, et de sa bande sympathique de loufoques compagnons.
Car si ses premières enquêtes se dérouleront sans accrocs malgré des intrigues déjantées, à l'instar de cet ex bafoué qui a décidé de kidnapper sa bien-aimé pour que celle-ci atteinte du syndrome de Stockholm retombe dans ses bras, les suivantes lui donneront toutefois plus de fil à retordre. Et qui de mieux pour l’accompagner que deux amis tout aussi en recherche d’aventure que lui ? Ted Danson (vu notamment dans la dernière saison des experts, ou dans Il faut sauver le Soldat Ryan) campe magnifiquement George Christopher, vieux survivant du Rock’n’roll qui en a gardé tout les vices, en éditeur friqué d’un journal à succès. Quant à Zach Galifianakis (Very Bad Trip), il est parfait dans le rôle du meilleur ami un brin à côté de la plaque, en dessinateur paumé qui cherche à percer.

Pourtant, ces personnages qui pourraient sembler clichés au premier abord sont tous bien plus profonds que ça, et c’est là qu’on salue le coup de maître de Jonathan Ames, créateur de la série, ainsi que le jeu parfaitement nuancé des acteurs.

Car au final, en plus de l’absurde profond qui sous-tend la série, et qui ne peut que nous faire éclater de rire à certains passages, c’est toujours devant des personnages profondément humains qu’on se retrouve. Des personnages effectivement parfois absurdes, lyriques, déprimés, avec leurs écueils et leurs maladresses, mais qu’on ne peut que ressentir comme vrais.
Les épisodes-mêmes empruntent d’ailleurs cette tournure, à jouer avec les genres cinématographiques sans jamais pourtant verser dans la caricature. Ainsi, Jonathan partant dans ses enquêtes en parfait limier qu’il espère incarner ne peut que faire penser au film noir. Point d’orgue de la série d’ailleurs au début de la 3eme saison : l’apparition de la femme fatale, avec tout les poncifs éculés du genre présents. Jouissif. Pourtant, tout dans cette ville new-yorkaise dénote avec les origines-même du genre. Mais tout joue aussi constamment sur ses codes, à l’image des titres flirtant toujours avec la série B telle « L’Affaire de la Terrible Faute de Frappe », ou du héros qui se voit carrément affligé d’une Némésis personnelle, Louis Green, auteur pompeux et critique acerbe.



Et c’est certainement là, dans le décalage et dans tout ce qu'elle a de plus déjanté, que la série réussit le plus. Qu’elle excelle même. Bref, to the Streaming Machine !


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2 commentaires:

  1. Ça a l'air pas mal quand t'en parle, ma Maman m'en a vanté les mérites aussi mais j'ai jamais pu passer les 15 premières minutes :( Pourtant j'aime bien ce qui est loufoque ^_^

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    1. Honnêtement, comme beaucoup de séries faut un petit temps d'adaptation, mais je sais que j'étais déjà conquise à la fin du premier épisode.

      Après, accrocher ou non, c'toujours tellement subjectif ! ^^

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