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23.8.12

Hit & Miss, à ne pas manquer !



Je n'ai su vers quels horizons allait d'abord me mener Hit&Miss, à l'évocation de son pitch. D'autant qu'on me l'avait annoncé comme une série dramatique, et que je m'attendais donc à ce qu'un gros coup de pathos vienne tout détruire au bout de deux minutes de visionnage.


L'héroïne principale n'est autre que Mia, transexuelle Male to Female qui exerce le doux métier de tueuse à gage, et qui y excelle d'ailleurs, comme chaque assassinat au fil des 6 épisodes de la saison ne manquera pas de nous le rappeler.
Un jour pourtant, sans plus de contact avec son passé, elle reçoit une lettre de son ancienne compagne d'avant sa transition, Wendy. Mourante, celle-ci lui annonce qu'elle a un fils de 11 ans, Ryan. Que Mia va bien entendu aller rencontrer dans les landes perdues du Yorkshire. Et découvrir avec lui ses 4 demi-frères et soeurs, tous ébranlés par la perte récente de leur mère et par cette nouvelle arrivante dans leur vie, que Wendy a pourtant désigné comme tuteur légal de ses enfants.
C'est là que Paul Abott, créateur de la série qui s'est notamment déjà illustré avec Shameless, arrive à jouer la finesse et à rendre la chose intéressante. Car, tout comme dans Shameless d'ailleurs, on ne retrouvera jamais de déterminisme ou d’apitoiement mal-venu. Ce sont là des caractères tous différemment construits mais complètement réalistes, autant dans leurs réflexions personnelles que dans leur interrogations au genre que ne manque pas de susciter l'arrivée impromptue de Mia.

La vie de famille ne va évidemment pas se construire sans heurts. Comme précisé plus haut, nous sommes ici dans une série dramatique après tout, et chaque situation est automatiquement sujette à nombre de questionnements (dis donc, c'est que c'est compliqué d'écrire un article sans spoilers. (Tiens, toi aussi, quand tu entends Spoilers maintenant, tu penses automatiquement à River Song ?)). Cependant, il est vraiment agréable de constater que pour une fois dans une série grand public ce type de sujet est mis en avant sans qu'aucun ton semi-moralisateur ne vienne gâcher notre plaisir.
Il faut dire que le jeu des acteurs aide beaucoup, servant le propos déployé avec maestria, à l'image de Chloë Sevigny, absolument magnifique dans le rôle de cette transsexuelle aux gestes empreints d'hésitation et à la fragilité parfois apparente. Les réalisateurs ont d'ailleurs su brillamment éviter l'écueil facile de la pauvre chose sans défense, avec cette femme aussi formidablement forte, capable de gérer sans broncher cette nouvelle vie et les drames qui y sont inhérents.
A côté d'elle, les autres acteurs ne font pas pâle figure non plus. Son fils, Ryan, joliment joué par Jorden Bennie, est touchant en jeune garçon en pleine construction, et qui tente de se trouver avec cette figure paternelle un brin inhabituelle. Tout comme Jonas Armstron, qui est parfait en homme amoureux troublé de la découverte de la transsexualité de sa nouvelle conquête et de ses sentiments pour elle.


La réalisation n'ajoute encore que plus de crédit au déroulement de l'histoire. Chaque plan de coupe, bien loin d'une esthétique clip où toute image montrée doit être rentabilisée pour l'action, construit peu à peu l'ambiance et dévoile certains aspects des personnages en contribuant à les rendre plus humains, plus accessibles. On se laisse du coup totalement captiver par l'écran, les 45 minutes d'épisodes n'étant jamais pesantes. Et si l'on peut désirer en voir plus après les six épisodes, quelques une des situations restant terriblement en suspens, la construction de cette première saison est déjà joliment achevée, et se laisse suivre avec délectation.
Au final, Hit & Miss est vraiment une très bonne découverte, drôle et touchante parfois, mais qui surtout vient apporter un sujet de taille bien servi et des interrogations intéressantes dans un paysage télévisuel souvent un peu trop morne.

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