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25.7.12

Chronique d'une écriture ratée, ou le cas de la blogueuse qui se demande bien ce qu'elle fait


► Post à durée de vie éphémère

Quand j'étais plus petite, j'étais douée avec les mots. J'écrivais, inlassablement. Pour passer le temps, pour inventer mes histoires, pour palier aux fins des livres que je n'aimais pas. C'était simple au départ, ça venait tout seul... puis c'est devenu de plus en plus laborieux. Je mettais parfois des heures sur la même phrase, à la recisailler, la polir pour tenter de la rendre parfaite, et absolument cohérente avec le reste. A l'époque, j'avais décidé qu'en plus du sens, la seule sonorité des mots devait permettre d'emmener le lecteur. Pas étonnant que j'ai après été attirée par le théâtre et sa déclamation inhérente.

Et puis je me suis embrouillée. J'étais en pleine découverte de moi-même, je n'en pouvais plus de mon perfectionnisme insensé, alors j'ai arrêté. Je ne savais d'ailleurs plus ce que je voulais vraiment sortir de mes textes, et n'arrivais plus à poser les mots correctement. J'ai préféré tout stopper. Je suis tombée amoureuse, à me taper deux fois par mois mes 1500km aller/retour pour rejoindre le garçon, et je me focalisais entièrement sur mon manque entre ces courts week-ends/vacances où je le voyais. C'est à peu près à cette étape aussi que j'ai arrêté les cours de chant. Je me retrouvais d'un coup sans aucun de mes habituels repères. Et je me suis vite ennuyée, à ne plus savoir quoi faire de ma vie. Je ne dis pas, ces années sans passions réelles autre qu'amoureuse m'ont formées, et j'en sors aujourd'hui beaucoup plus heureuse, épanouie et bien dans ma peau que je ne l'étais avant. Réellement plus heureuse même, et je croise les doigts pour que cela dure encore et encore. Mais je n'aurais pas dû m'arrêter comme ça. 





A côté de ça, j'ai continué à lire des blogs, en passant peu à peu de ceux bd en 2004 à ceux beautés en 2012. La seule blogueuse que j'ai continué à suivre de plate-forme en plate-forme, et toujours avec autant de plaisir a été Maïa Mazaurette, et n'a pas été pour rien dans mon choix de second boulot.
La lecture un peu plus approfondie de la blogosphère beauté est arrivée chez moi il y a trois ou quatre ans. J'étais en construction, n'avais pas grand monde à qui parler de ce sujet-là, et j'ai aimé cet univers coloré, sans pour autant en supporter ses travers, ou ces filles très filles parfois. Je ne supporte pas l'idée de devoir se conformer à un idéal ultra genré de féminité, je n'ai de toute façon pas le corps pour ça, et ne me suis donc jamais retrouvée devant un quelconque modèle pour moi. Par contre, et peut-être un peu à cause de la blogosphère, et d'autres meufs formidables rencontrées, j'ai appris à plus m'accepter, à  me mettre en valeur, et à parfois jouer avec les codes.

Enfin, je suis tombée en début d'année sur Hellocoton, et j'y ai vu un chouette flux rss en plus interactif. A force de parcourir le site, j'ai profondément apprécié le principe d'échange qu'il développe. Mais je restais toujours un peu une intruse entre toutes ces blogueuses qui discouraient entre elles, ne me sentant aucune légitimité pour participer. Ça plus le fait que je savais avoir moi aussi, peut-être, des choses à partager. Du coup, j'ai tenté, et j'ai créé cet espace mi-février. Je me suis remise à l'écriture, d'une façon plus, beaucoup plus décomplexée, et j'ai enchaîné les articles sans me poser de questions. J'ai cependant dû mettre la pédale douce en juin, tu l'as remarqué, les obligations administratives m'appelant et votre dévouée culpabilisant. Depuis, je tente laborieusement de reprendre. Sauf que, de temps à autres, je me demande à nouveau où est ma légitimité, et ce que je fais là. À culpabiliser parfois de ne parler quasi que beauté alors que des centaines d'autres sujets me passionnent, et à me demander pourquoi je n'arrive pas à trouver par quel bout les aborder. À rester plantée des dizaines de minutes devant l'écran sans savoir comment commencer un article. À me perdre, comme dans celui-ci, dans des dédales de phrases ou à me demander quel en est l'intérêt. Dis-moi, lectrice, blogueuse, copine, comment tu fais toi pour te dépatouiller avec tout ça ?
Rendez-vous sur Hellocoton !

7 commentaires:

  1. RHA, Bah toi même tu sais hein, j' ai le même parcours niveau écriture. Avant, au début, c' était simple. Et puis ça a trop merdé. Et quand il a fallu recommencer, bah... C' était tellement laborieux. Ca l' est encore en fait.

    Je comprends tout ce que tu dis. Et j' ai une sale nouvelle pour toi : Quand je te lis, y' a une odeur de complexe(s).

    Ton ennemi c' est la trouille. Comme moi je me bride en permanence parce que j' ai peur, tellement peur du jour où quelqu'un va se pointer me dire que je fais tellement de fautes, que je suis tellement indigeste, que je suis tellement une Virginie Despentes à la manque, tu bloques, tu tergiverses, tu...n' oses même pas en fait.

    A force de perfectionnisme et d' intransigeance, on se fatigue soi même, et on abandonne. Hélas, ça ne règle pas le problème, ça le repousse seulement.

    L' avantage avec la beauté, pour moi en tout cas, c' est que c' est un sujet facile : J' aime ça, et puis bon, ça parle goût et couleurs dans le fond, c' est donc un sujet plutôt facile.
    J' aimerais bien écrire sur d' autres choses. Je voudrais bien réussir à cracher mes tripes quelque part,et parler des "grands" sujets de ce monde. Mais je suis pas encore prète.
    Quand j' étais bourrée de certitudes à 13/14 ans, y' avait pas de problèmes. J' en avais des conneries à dire, des lieux communs à empiler, des toujours et des jamais à prévoir. Je me sentais subversive quand je n' étais que conscencus, mais c' était pas grave, au moins je produisais.
    Là je produis rien. Faut dire aussi que j' ai été choquée quand j' ai eu l' occasion de relire toutes les merdes que j' avais pu écrire avec rien qu' un an de recul. Je m' étais trouvé tellement conne et tellement vide... Honteuse comme jamais, me promettant que ça n' arriverait plus.

    Se dépatouiller de tout ça, je ne sais pas comment on fait. Parfois t' as l' instant de grace, c' est 5 heures du mat, t' as écris 3 phrases nazes en début de soirée, et puis tu t' y remets sans motivation et POUF, magie, ça sort. C' est exactement ce qu' il m' est arrivé cette nuit d' ailleurs. Et tu vois, le billet qui en est sorti, BOUM, il a fait kiffer les gens direct, alors que moi, un quart d' heure après l' avoir posté, je voulais le virer, je me sentais trop bête. J' ai commence d' abord à culpabiliser, parce que "C' est racoleur de parler d' Hellocoton sur Hellocoton", puis je me suis dis que j' avais enchainé tellement de banalités que j' en étais ridicule, enfin bref, tout est passé dans ma tête, culpabilité, honte, trouille, bridages.
    Toujours cette inquiétude éternelle d' être une pauvre conne et de pas faire assez bien.
    Finalement en voyant toutes les réactions cool des gens, un moment donné, j' ai laché. J' ai juste laché et j' ai juste apprécié. Ouais c' est vrai, y' a plein de trucs à redire sur ce dernier billet, y' avait des choses à plus creuser et d' autres moins, ça aurait mérité un peu de travail en plus, toussa. Mais... Le fait est qu' il a provoqué des réactions, fait s' exprimer les gens, fait parler d' eux, et on a tous rit en se rendant compte qu' on était tous pareils.
    Well done alors. Après toutn ' est ce pas ça le plus important? Je veux dire, comment ce u' on écrit c' est reçu par les gens?

    Mais à d' autres moments, c' est juste l' angoisse. Surtout quand on a déjà traversé de TRES LONGS déserts,on se demande toujours si c' est pas reparti pour 5 piges.
    Quand c' est comme ça, petit miracle du blogging sur un sujet "facile", il suffit juste d' essayer de parler d' un produit ou d' un maquillage qu' on aime, et normalement ça devrait dérouiller un peu. Bon, ça fera surement un billet bien ininteressant à supprimer deux jours après, mais l' important c' est de pas se laisser sombrer dans sa flippe, sinon on crève.

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  2. Moi là c' est la merde. Cette dernière semaine, j' ai eu beaucoup beaucoup de témoignages de soutien, d' approbation de réactions sympa, deux unes, des tas de compliments. C' était bon, vraiment, c' était... Franchement, c' était nécessaire que je vive une chose pareille, tu sais, de vivre un petit moment de pétillement, de savoir que ça a pu m' arriver, que j' ai pu le faire. C' était nécessaire car ça ne fait que deux/trois mois que j' ai repris l' écriture, et je suis encore comme une bête traquée et blessée.
    Mais maintenant qu' est ce que je vais faire hein? A part décevoir tout le monde, je ne vois pas de possibilité.

    Y' en a qui ont beaucoup de méthode. (Je pense à Psychosexy qui explique de temps en temps comment elle structure ses billets)
    D' autres aussi qui n' ont rien à se prouver, qui n' ont pas encore vraiment traversé ces sales pèriodes où rien ne sort, et qui sont donc plutôt peace sur le sujet...

    Fin bref.

    En tout cas j' ai envie de te dire : En Septembre tu rentre dans une foutrale d' école, t' as fais des études que t' aimes, c' est plutôt cool, et si t' étais sans intérêt, tu n' en serais pas là je pense.
    Continue à tenir ton beauté blog. C' est un lien avec l' écriture même dans les pèriodes compliquées, un lieu où on peut au moins ne serait ce qu' éxercer la syntaxe et le verbe à défaut d' aborder des sujets qui nous font plus vibrer.
    Et puis sache que t' as ta place parmis les autres. T' es vraiment unique, t' es là, avec ton humour, ton style particulier, ton design éloigné des standards (pour la blogo beauté j' entends), et tout ça quoi.
    Mais c' est clair, on le sent avec tes récap du Dimanche que t' as envie de causer d' autres choses. Moi c' est la même. Du coup j' ai bien envie de te demander pourquoi t' ouvres pas un autre blog, mais en même temps, je pense ue je connais la réponse : Tu sais pas vraiment, mais ça vient pas quoi. J' ai bon?

    Et t' sais quoi? J' crois je viens de te laisser un com super long, j' suis creuvée et j' ai pas envie de relire. J' parie que c' est totalement incohérent tout ce bordel, et j' espère que tu m' excuseras.

    Ca n' empèchera pas que je veuille te donner tout mon argent.

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  3. Je comprends tout a fait ce que tu exprimes dans ce post.
    Moi aussi parfois, je me demande si j'ai bien ma place, si elle est légitime et utile. Et parfois je me dis aussi que je devrais écrire d'autres choses, sûrement moins futiles que les vernis a ongles... Et les fards a paupières.

    Mais tu vois, pour moi la réponse est simple: je n'ai AUCUNE légitimité, tout comme je ne MÉRITE aucune place. Mais en meme temps... Je tiens un blog. Je n'ai pas d'intérêt, je ne révolutionne pas la face du monde, et quand je parle fond de teint, je ne fais rien avancer du tout. C'est aussi pourquoi je n'écris jamais rien qui ne soit pas en relation avec la beauté. Parce que pour moi, mon tout petit blog inutile, doit rester ce qu'il est... Un tout petit blog inutile et futile.
    Si je veux faire bouger des causes qui me touchent, je m'impliquent dans la vie réelle, si j'ai des choses a dire, je les dit devant un vrai publique...

    Alors voila, moi, j'ai choisi de ne pas me prendre la tête, parce que cet espace la, il est uniquement présent pour apporter un peu de paillettes, quelques minutes. C'est tout. C'est du fun. Et ça doit le rester.

    Mais bien sur, ça n'est que ma vision.

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  4. Hello :)

    Je me retrouve un peu dans tes lignes . parfois je me demande si ça intéresse les gens ce que je raconte. Parce que mon blog c'est...un grand n'importe nawak, je parle beauté quand ça me chante, je parle de moi, de mes achats, de ce que j'écoute...

    Mais on fond la place, c'est notre choix, c'est nous même qui décidons de ce que l'on parle, de comment on parle, d'éditer 15 fois si on n'en as envie...Mais voila j'ai eu envie de me faire une place certes minime, de raconter... Et puis comme ça, ça m'évite de réfléchir pendant 130 ans à quelques choses.

    et puis ca me permet de rencontrer des gens.

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  5. Je te rejoins pas mal sur la problématique d'être "légitime" ou non dans cet univers (je ne suis pas une "vraie" fille et je me sens complètement en décalage avec la blogosphère). De même je m'interroge souvent sur l'intérêt (ou non) de bon nombre de mes articles.
    Il y a beaucoup de choses dont j'aimerais parler mais je ne sais pas par quel bout les prendre, ni si ça représentera un intérêt quelconque pour quelqu'un d'autre que moi.
    En gros j'ai très régulièrement une pulsion destructrice d'envie de supprimer mes deux blogs... :/

    (Oui je suis d'une grande aide sur ce coup-là... Désolée.)

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  6. J'ai aussi l'angoisse d'exprimer quelque chose qui tient me tient à coeur, ayant peur de massacrer le message. Et puis j'écris pas super bien, et mon second degré, une fois écrit, tourne vite au lourdingue, donc j'évite.

    C'est vrai qu'on se demande parfois ce qu'on fout là, à blablater de mascara et autres. Des fois, j'aimerais aussi écrire sur autre chose. Sauf que j'arrive déjà pas à écrire une revue correctement, alors un débat sur une question plus vaste... Je trouve que j'ai fait des progrès en écriture, donc la pratique ça aide. :P

    Si j'ai ouvert un blog, c'était pour ne pas rester simple spectatrice/lectrice. Je finissais par trouver ennuyeux de lire uniquement.

    Je trouve que tu as ta pierre à apporter à l'édifice. J'aime ta façon d'écrire, j'aime tes make up. Et pis je t'aime bien toi aussi.

    C'est peut être un peu pour ça qu'on est blogueuses aussi. On tisse des liens avec d'autres copinautes. C'est ce qui me fait le plus plaisir dans l'aventure. Au final, peu importe si ça apporte quelque chose à la blogosphère. Je me dis qu'il y a des filles qui me lisent, article après article, et ça fait chaud au coeur.

    Comme Gloria, je pense qu'écrire sur des sujets, même futiles comme les trucs de fille, permet de se dérouiller. C'est pas évident d'écrire.
    En tout cas, tu peux toujours essayer de varier, si ça t'embête de rester confinée uniquement dans la beauté, faire des articles cuisine ou mode par exemple. Ca te changera, tout en restant un peu dans le même style. (Et puis t'as du matos de gueudin pour faire de la bouffe asiatique huhu. ^^)

    Et puis d'ailleurs, cet article parle de tes états d'âme, et je le trouve très bien. Si t'as envie de parler d'autre chose, t'en seras capable. Te mets pas trop la pression, la tournure parfaite est pas une nécessité. :) Je crois qu'on cherche plus le ressenti que la plume parfaite.

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  7. (Et je suis triste, mon message semble sans âme, mais je voulais te dire que je me retrouve dans ce que tu dis. Mais que je serais tristoune si tu arrêtais.
    La légitimité c'quoi réellement..?
    Bref, je te fais un câlin d'encouragement!)

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Oh oui, parle-moi !